Je pourrais écrire.
Ils s’appellent Théo, Marie-Michèle, Armand, Claudie. Ils sont roux, châtain clair, noir de jais, blond platine, avec des mèches de couleurs funky, chauve, grisaillant. Ils ont huit ans, vingt ans, trente-trois ans, soixante ans. Ils habitent un petit appartement bordélique, une grande maison de banlieu, la rue, un bachelor mal chauffé. Leur mère est morte, trop contrôlante, malade, absente, schizophrénique, parfaite. Ils boivent du café sans modération, préfèrent la bière, vendraient leur corps, leur âme et leur petite soeur pour un verre d’eau. Ils sont amoureux, en ont assez des histoires qui se terminent mal, sont épuisés par un divorce éprouvant, viennent d’enterrer leur femme. Ils ont une vie, des secrets, des espoirs, une détresse, des idées, une destinée.
Ils sont nés dans ma tête et attendent que je les transpose dans une histoire. Ils s’impatientent, parce que je les laisse en suspens depuis trop longtemps. Ils m’en veulent que je leur réserve l’histoire parfaite, les mots parfaits, les personnages secondaires parfaits.
Maudit perfectionnisme.