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Archive pour 25 octobre 2009

Vous avez dit, hypersensible?

Je vis mes émotions exagérément.

Lorsque j’aime, je pourrais offrir mon âme à la personne chérie. J’aime jusqu’à l’épuisement, je charge mes «je t’aime» de toute mon énergie vitale, j’embrasse comme si c’était ma dernière action. On peut probablement sentir l’air vibrer violemment autour de moi lorsque mes pensées se dirigent vers celui que je considère comme ma moitié; en tout cas, moi, je le sens. Je me donne toute entière en amour, même si ceux qui m’entourent ne le remarquent peut-être pas.

Lorsque je regarde un film et qu’un personnage important meurt, mon coeur arrête de battre, j’ai l’impression que le monde — réel et imaginaire — vient de s’effondrer. Je ne verse aucune larme, mais à l’intérieur de moi, c’est le déluge, le tsunami. Ce serait une réaction commune et banale pour une fille si je réservais cette réaction aux bons. Mais non, il faut que je me mette dans tous mes états pour les pires scélérats aussi. Tantôt, quand j’ai fini de regarder le film racontant les derniers moments du méprisable petit moustachu autrichien, j’ai été saisie de désespoir à chaque coup de feu annonçant un suicide. Je vous le dis, ma compassion va me perdre un jour.

Lorsque je lis certaines cartes postales sur PostSecret, mes lèvres tremblent, mes poings se serrent, mes épaules se raidissent. Je constate de la complexité de l’existence, de son absurdité, de sa cruauté, et ça me décourage profondément. Quoi? Vous pensez que j’en mets trop? Et moi donc. Mais c’est comme ça, je n’y peux rien. Je l’ai dit, je vis mes émotions exagérément. Il n’y a rien de rationnel.

Lorsque l’autre, là, Nelly, lorsqu’elle s’est enlevé la vie, j’en ai pleuré pendant trois jours. Je n’ai jamais lu ses romans, je me souciais aucunement d’elle de son vivant et je continue à ne pas me préoccuper de cette femme, mais son drame personnel, ou du moins l’aperçu que j’en ai eu en naviguant un peu, me bouleverse. Elle me touche, la Nelly, par sa trop grande ressemblance avec des gens auxquels je tiens. Avec sa trop grande ressemblance avec la fille que j’étais il y a un temps. Pendant trois jours, je me suis déshydratée pour eux, pour moi, parce qu’une écrivaine dont l’oeuvre n’est jamais arrivée dans mes mains avait eu l’idée d’en finir avec l’existence.

Je vis mes émotions exagérément. Il n’y a rien de rationnel. Et merde que ça me pèse parfois!

Rien.

La liste de mes brouillons sur WordPress s’allonge. On dirait la route 148, mais avec des mots pixellisés. C’est déprimant. J’ai couru après, mais c’est tout de même démoralisant. Je vois le temps filer, mon idée me poursuivre jusque dans mon bain, jusqu’au maudit Tim Hortons qui a eu la mauvaise idée d’ouvrir près de chez moi, jusque dans mes examens… Et il y a ces mots qui sortent, qui fuient, qui s’affichent sur mon écran, mais que je ne veux pas publier. Je m’impose une censure sévère, et ça me rend folle.

Voyez-vous, mon sujet, c’est cette idéologie qui est représentée par la croix toute croche, dans un cercle blanc avec du rouge tout autour. Nul doute que ça attirerait les lecteurs les plus bizarres. Quant à mon point de vue, il n’est pas unique, mais il est très peu partagé. Je risque de choquer autant les néo-choses que ceux qui aimeraient mêler leur vomi aux cendres du moustachu. C’est plutôt inconfortable, comme position.

Alors je continue à fixer mon écran, à frapper sur mon clavier comme une demeurée, à écouté un film où les acteurs crient en allemand avec des sous-titres en anglais, à boire chocolat chaud sur chocolat chaud et à espérer qu’un texte génial me naisse sous les doigts. Un texte qui exprimerait parfaitement ma pensée, et qui m’éviterait donc d’être la victime des insultes de beaucoup trop de personnes.

***

Parce que j’ai pris l’habitude de partager avec mes potentiels lecteurs mes goûts musicaux, voici quelques chansons que mon ordinateur est écoeuré de faire jouer de ces temps-ci.

Rain – Mika

My Manic & I – Laura Marling

Five Years Time – Noah And The Whale

Push It – Garbage

Here It Goes Again – OK Go

Facing The Plastic – Serj Tankian, remixé par Little Jimmy Urine

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